Nos peurs, ces empêcheuses d’avancer

Article écrit par Imane Maestracci

Combien sommes-nous à rester dans des situations qui ne nous conviennent qu’à moitié, à hésiter à prendre des décisions vers un meilleur avenir, et à prendre ainsi le risque que demain ait le goût amer du regret ?

yeux fillette

Les notions de prédestination et de libre arbitre en islam sont subtiles. Que sommes-nous en capacité de choisir ? Certes nous n’avons que peu de prise sur les évènements qui adviennent et sur les épreuves qui s’imposent à nous. Quelqu’un disait que nous avons toujours le choix. Cela ne signifie bien sûr pas que nous ayons le pouvoir de choisir ce qui nous arrivera, puisque le Très Haut a déjà décidé de notre destin bien avant notre naissance. Cela signifie plutôt que nous devons nous  demander ce que nous pouvons faire de ces tournants de la vie qui nous tombent dessus.

Perte d’un être cher, maladie, perte d’un travail, divorce, situations familiales ou de couples difficiles, situations relationnelles insatisfaisante, travail non valorisant : nous ne choisissons pas ces situations, mais nous pouvons choisir ce que nous ferons de ces épreuves, comment nous réagirons à ces coup durs, comment nous nous en saisirons pour avancer. Choisir consciemment, choisir inconsciemment, ou choisir de ne pas choisir et laisser le temps décider pour nous. Choisir signifie parfois prendre des risques, quitter le cocon connu et rassurant du quotidien pour se jeter dans le vide, affronter nos peurs les plus profondes, celles de la solitude, du regard de ceux que nous estimons, du manque de reconnaissance… C’est aussi regarder en face nos incertitudes, notre manque de confiance en nous et devoir assumer des décisions que nous aurons prises seules…

Les peurs ne sont pas seulement négatives, elles sont souvent même un instinct de survie qui nous guide plus sagement que notre raison, mais nous devons nous en débarrasser dès lors qu’elles deviennent limitantes et irrationnelles, qu’elles sont un frein pour notre épanouissement. Cela est d’autant plus difficile pour notre génération écartelée entre nos mères qui ont souvent vécu malgré elles à la place que l’on a bien voulu leur assigner, et un monde moderne où la femme n’a plus ni limites ni barrières… Le juste milieu est tout simplement l’islam, la religion du juste milieu, qui a rendu sa dignité à la femme.

Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire : « Nous croyons! » sans les éprouver? [Al-Ankabut, verset 2]

Nous avons la chance d’être musulmanes, de pouvoir dire al hamdulillah dans tous les cas : les épreuves, en nous lavant de nos péchés, nous rapprochent de notre Seigneur autant que les moments de joie. C’est à nous de nous remettre en question humblement, seules, et de nous demander à quel point nous sommes capables de nous en remettre à Allah sincèrement, à quel point notre plaçons notre confiance en Lui.

Mais le tawakkul n’est pas seulement attendre que s’accomplisse ce qui doit s’accomplir, c’est se demander quelle est la meilleure façon d’agir pour qu’Allah soubhanahou wa ta’ala soit Satisfait de nous, prendre nos décisions en conséquence, et ensuite seulement s’en remettre sincèrement à Lui en ayant la certitude que ce qu’Il aura choisi pour nous sera un bien.

Voyons notre avenir, nos choix et nos décisions à la lumière de notre foi, pour que nos peurs ne nous empêchent plus jamais d’avancer.