Acheter sans intérêts désormais possible ? Zoom sur 570 easi

fév 10, 2012 Ecrit par 44
Depuis quelques temps, la finance islamique se « démocratise » et de beaux projets commencent à voir le jour. Et nous, les belles initiatives qui visent à faciliter la communauté, on aime ça chez Imane magazine ! Rencontre avec Nagiba Jemli, du groupe bancaire 570 easi. 570 easi

Pouvez-vous nous présenter de manière simple, pour les non-initiés à la finance islamique, le groupe easi 570, ses actions, ses objectifs et le rôle que vous tenez au sein de l’organisation ?

Assalâmou ‘Alaykoum, 570 easi ou Groupe 570 est une équipe d’entrepreneurs français issus du monde de la finance, du marketing relationnel et spécialistes en montage de solutions financières shari’a compatibles. Forte d’une expérience certaine dans les plus grands groupes internationaux, notre équipe a également fait ses armes dans le monde associatif musulman. Anass PATEL et Amine NAIT-DAOUD en sont les co-fondateurs, de mon côté je suis en charge du service relation clientèle. Notre mission est d’apporter une réponse à la demande criante de la clientèle française pour des produits et des services financiers plus transparents, compatibles avec leurs convictions religieuses, et s’inspirant d’une certaine éthique. C’est ce qu’on a décidé d’appeler des « solutions easi, éthiques à sensibilité islamique ». Nous nous positionnons comme des facilitateurs entre d’une part ceux qui ont des projets, particuliers ou professionnels, d’autre part les institutionnels (banques, compagnies d’assurance, sociétés de gestion). Concrètement, les solutions que nous souhaitons apporter à nos clients français sont les suivantes : - pour les particuliers : solutions d’épargne, financements immobiliers, financements auto - pour les professionnels : solutions de placement, financements pour l’activité pro ou des locaux, financements pour des équipements (auto, machine, etc.) - pour les entrepreneurs et investisseurs : solutions d’investissement innovantes sans faire appel au crédit bancaire mais à des fonds d’investissement et des instruments islamiques comme les « sukuks ».

La finance easi est-elle réservée aux musulmans ?

Non, c’est une finance ouverte à toute personne sensible aux fondements éthiques de la démarche easi. Il n’existe aucune interdiction visant à défendre les non-musulmans d’avoir recours à des produits et services financiers easi.

Prenons l’exemple concret d’un particulier possédant un petit capital qui souhaite acquérir un bien immobilier sans avoir recours au crédit ribawi, quelles sont les solutions s’offrant à lui et quelles démarches doit-il entreprendre ?

Le fait d’avoir un apport ou non n’est pas déterminant pour l’accès à une solution de financement easi. Nous avons développé 2 solutions de financement immobilier easi : 570 IMMO Murabaha : remboursable sur 10 ans maximum et pour lequel nous avons annoncé le lancement effectif lors du Salon Internationale du Monde Musulman le 17 décembre dernier en partenariat avec la banque Chaabi Bank. 570 IMMO Mucharaka remboursable jusqu’à 25 ans, cette solution sera disponible dans quelques temps inchâ allâh nous y travaillons. Pour réaliser une étude d’éligibilité et une simulation c’est très simple, il suffit de nous contacter par mail à cette adresse : contact@groupe570.com

Pouvez-vous, encore une fois en prenant en compte notre méconnaissance du domaine, nous expliquer en quoi vos propositions ne sont pas un crédit ribawi « caché ou détourné» ?

Le fait que deux choses se ressemblent, ou que deux actions conduisent à un même résultat en apparence, n’implique en rien qu’elles soient de même nature ou, dans le cadre d’une analyse juridique islamique (fiqh), qu’elles aient le même statut. Ainsi, pour prendre un exemple concret, rien ne permet de différencier un steak provenant d’un animal abattu conformément au rite musulman d’un steak provenant d’un autre animal. Pourtant, si la consommation du premier est licite (halal) pour le musulman, celle du second ne l’est pas : le fait qu’ils aient la même apparence ou le même goût ne change rien à cette réalité. La Murabaha est un contrat de vente dans lequel le vendeur indique à l’acheteur le prix de revient de la marchandise qu’il lui propose et, par conséquent, le montant précis de sa marge bénéficiaire. C’est cette simple transaction, dont le caractère licite ne peut faire l’objet d’aucun doute, qui a été aujourd’hui aménagée pour être transformée en un mode de financement : l’individu qui désire faire l’acquisition d’un bien sans tomber dans le ribâ approche un établissement financier islamique et lui demande d’acheter le bien concerné pour le lui revendre ensuite avec une marge définie (le règlement étant effectué généralement de façon différée, suivant un échéancier convenu entre les deux parties).

Quels sont les projets en cours et quel est le calendrier prévu pour leur mise en place inchaAllah ?

Une fois le produit Immo Murabaha bien lancé, nous souhaitons proposer un produit d’épargne : Epargneo, qui permettra à tout un chacun de placer son argent de façon halal, soit par un capital déjà constitué soit grâce à des versements réguliers (de l’ordre d’une cinquantaine d’euros par mois). Pour la suite, nous restons sur notre feuille de route qui consiste à proposer des solutions accessibles à tous par le biais de notre gamme de produits : Immo, Leasing Pro, Auto et éventuellement Conso. Concernant les professionnels, il s’agit principalement de solutions sur mesure. Nous travaillons néanmoins sur quelques projets spécifiques tels que le financement des licences de taxi ou encore le financement des fonds de commerce. Pour les professionnels, une seule adresse : servicespro@groupe570.com.

Merci pour ces éclaircissements et votre investissement dans ces projets plus qu’indispensables. Le mot de la fin vous revient.

Les choses avancent dans le bon sens grâce à Dieu, mais la finance islamique ne se développera à grande échelle qu’à la condition d’une synergie entre tous les acteurs complémentaires de fait. C’est pour cela que nous préconisons 3 grands axes d’action afin de permettre à cet écosystème naissant de donner des choses concrètes pour le grand public : - il faut plus de concurrence, plus d’acteurs sur le terrain. Un marché n’est dynamique que si vous avez une compétition entre les différents acteurs. - il faut sortir de l’image d’un marché de niche réservé à des spécialistes pour devenir un marché avec un potentiel de masse ouverte à tous les entrepreneurs, les PME et le grands groupes du monde de la finance, de la banque, de l’assurance et de la distribution. - il faut que le consommateur musulman se fasse plus visible, plus audible et plus exigeant.



44 Commentaires

  1. yacine
    juil 30, 2012

    Salam alikoum,

    Pas mal de savant ne sont pas d’accord avec ce type de financement car c’edt nous qui devont trouver le bien. Donc ce que l’on a besoin au finale c’est que la banque te fournisse l’argent pour acheter ce bien.

    Ce qu’il faudrait pour que ce soit reellement correct, c’est que la banque possede des biens immobilier et ensuite nous les propose .

    Reflechissez ce qu’ il vous vende c’est de l’argent etant donner que vous avez trouvé le bien immobilier tout seul

    Message au groupe 570 : investisser des appartements ou maisons et ensuite vendez les nous. La cela devien du commerce

    Quand je vais au magasin acheter un jean, je ne vais pas voir le vendeur en lui disant regarde ya un jean la bas a 200euro tu peux me l’acheter et je te le paye 220euro

    Reflechissez bien

  2. samir
    déc 21, 2012

    Salm,

    Désolé mais ce que tu dit n’a pas de sens !
    L’islam n’a jamais interdit à qui que ça soit, d’emprunter ou de prêter de l’argent, mais tout simplement l’intérêt (Riba) !

    Donc je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ce que l’on te prêt de l’argent, du moment que tu le rembourse sans interêts …

    As-salâm ’aleïkoum …

  3. Alkacem
    jan 10, 2013

    Vous changez le mot usure par le mot interet , achetez un bien pour quelqu’un et lui demander de l’argent en plus pour « service rendu » ne serait pas de l’usure? Qu’Allah vous guide.

  4. ali
    mar 8, 2013

    as salamaleykoum,
    faites attention, il y a beaucoup de règles à respecter.
    Dans un premier temps, la banque ne peut pas faire passer son prêt d’argent pour du commerce! En effet, LE MUSULMAN NE PEUT PAS VENDRE CE QU’IL NE POSSEDE PAS!

    Le Prophète (صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ) a interdit ce type de vente :
    Hakîm ibn Hizâm, qu’Allah 1′agrée, est venu vers lui, et lui a dit:

    « Ô envoyé d’Allah, les gens viennent me voir et me demandent de leur vendre une marchandise que je n’ai pas; je me rends alors au marché et je leur achète. »

    Le Prophète (صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ) dit alors: « Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas. »

    [Rapporté par les auteurs des Sounan : Abû Daoud, At-Tirmidhi, An-Nassâ'î et Ibn Majah.]

    Donc pour le financement d’un achat immobilier, par exemple, la banque doit obligatoirement posséder le bien avant de le proposer à « l’acheteur ». Il est donc difficile de financer des constructions à venir.
    De plus, si on considère que la banque représente un groupe de musulmans prêteurs d’argent, alors l’emprunteur demande une somme qu’elle désire et doit rendre cette somme exacte! Sinon on tombe dans l’usure et les intérêts!

    Donc ce n’est pas possible! Il faudrait qe ces banques disposent de biens et les vendent à un prix désiré avec possibilité de payer plus tard, le temps de mettre l’argent de côté! Là ça devient du commerce et du prêt! Et ceci est encouragé :

    D’après ibn Mas3oud qu’Allah soit satisfait de lui, le prophète صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ a dit :

    عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ
     » إِنَّ السَّلَفَ يَجْرِي مَجْرَى شَطْرِ الصَّدَقَةِ  »

    « Le prêt équivaut à la moitié de l’aumône »

    Hadith rapporté par l’imam Ahmad (3911), Chuayb Al Arnaout a dit que sa chaîne de trasmission est « Hassan » (bonne) et Cheikh Al Albani a rendu le hadith « Sahih » dans Sahih Al Jami3 (1640)

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