Le fléau du nationalisme dans le mariage

Suite à la republication de l’article Je t’aime moi non plus, une soeur s’est retrouvée dans cette histoire et a choisi de partager avec nous son expérience. Bon nombre d’entre vous ont souffert d’un nationalisme qui n’a pas lieu d’être dans notre religion. Qu’Allah nous réforme et nous permette de contracter de pieuses et heureuses unions. Témoignage.

« Salama3likom à toutes mes soeurs, je voudrais partager avec vous mon histoire…

Aujourd’hui j’ai 24 ans et je peux vous dire que j’ai l’impression d’en avoir 50…Cela fait maintenant 1 an que j’ai coupé contact avec celui qui était l’amour de ma vie… J’ai vécu une histoire digne d’un film à l’eau de rose. J’ai connu ce garçon alors que j’avais 14 ans et lui 16 et nous formions un couple très complice, amoureux et fraternel à la fois. Vous savez, ce genre de relation dans laquelle vous vous sentez tellement bien que vous partagez tous les moments de la vie, qu’ils soient tristes ou heureux, mais aussi ce genre de relation dans laquelle l’un peut toujours compter sur l’autre, dans laquelle on imagine les prénoms des futurs enfants, de la marque de la voiture familiale ou encore d’une future visite à la Mecque….

Il était tout pour moi, je vivais à travers lui et il vivait à travers moi. Il m’a en quelque sorte éduquée, élevée et fait grandir… Nous formions vraiment la paire, ce genre de relation qui nous fait projeter très loin dans le futur… Jusqu’à que la réalité nous rattrape, celle des parents. Et là, vous vous dites : pourquoi moi ? Pourquoi ça m’arrive à moi? A l’âge de ses 25 ans il a annoncé à ses parents qu’il voulait épouser une non berbère du sud (lui étant chleuh et moi rif) et ce fut littéralement la fin de ma vie. Ils ont refusé en raison de l’origine régionale (et oui ce n’est plus du nationalisme maintenant c’est du « régionalisme »). Croyez-moi mes sœurs, j’étais une jeune fille très sage et bien éduquée, une fille que toute mère voudrait avoir comme belle-fille et pourtant on m’a rejeté à cause de mes origines.

Ce fut pour moi très dur et ça continue à l’être encore aujourd’hui 1 an après… J’avais rencontré celui qui était moi mais en homme. C’est ça, il était mon double, ma moitié, mon cœur et on me l’a pris. Il a fait le choix d’écouter ses parents et c’est tout à son honneur. Aujourd’hui, je me suis fait à l’idée que je n’y peux rien, que finalement c’est le mektoub après tout mais au fond de moi je ne cicatrise toujours pas. C’est la foi qui m’a aidée à me relever. J’ai appris à vivre avec ce mal en moi et je sais que je n’oublierai jamais cette douleur. On sourit, on essaie de se reconstruire, on se marie mais on n’oublie jamais le premier amour… Le mien s’appelait Mohamed. »