Ma foi à l’épreuve : « le jour où je me suis droguée… »

À l’époque j’avais 17 ans, j’étais une jeune fille « ordinaire ». Mes parents étant très croyants, ils m’ont inculqué les valeurs de l’islam et pour cause je fais ma prière depuis mes 12/13 ans hamdulilah.
Sauf que voilà, je faisais la prière, j’allais à la mosquée prendre des cours d’arabe et de religion, mais d’un autre côté je ne portais pas le voile, j’avais une bande d’amis (mixte) et je passais mon temps à trainer avec eux, on fumait, etc. mais hamdoulah je n’ai jamais touché à une goutte d’alcool ou approché de la fornication. En gros j’avais un pied à la mosquée et un pied dans la rue, jusqu’au jour où Allah en décida autrement.

drogue

Le jour où je me suis droguée

Un jour j’étais au lycée et à la récré je suis allée dehors avec un « pote » qui m’a tendu un joint. Je n’en avais jamais consommé avant et je ne saurais vous dire pourquoi, j’ai accepté.
Depuis ce jour, ma vie n’a jamais plus été la même. Plusieurs possibilités selon moi : j’aurais pu devenir accro à la drogue, j’aurais pu me tuer, j’aurais pu toucher aux drogues plus dures… Mais non, Allah est Grand soubhanAllah.
15 minutes après avoir fumé cette substance, j’ai fait ce qu’on appelle un « bad trip ».
J’avais l’impression que c’étaient mes dernières heures, une impression de mourir, et une PEUR atroce de ce qui m’attendait. J’avais l’impression que j’avais jeté une bombe à retardement et que rien ne pouvait l’empêcher d’exploser.
J’ai couru vers l’infirmerie en pleurant et suppliant Allah de me pardonner, j’ai récité toute les sourates que j’avais en tête, et je regrettais, je regrettais… Je ne saurais vous décrire ce que j’ai ressenti mais je ne le souhaite à personne car c’est un sentiment horrible et un mal-être extrême. Il m’a fallu trois jours pour que les effets de la drogue disparaissent.

Mon existence dévastée

Un mois après cet incident, et soubhanAllah un mois jour pour jour, alors que j’étais tranquillement en cours, j’ai repensé à cette bêtise que j’avais faite, et là d’un coup « paf » ça m’a repris. Je suis sortie en courant car j’avais l’impression d’étouffer, envie de vomir, une sensation d’être dans l’irréel, et envie de m’évanouir, le tout en même temps. Je me souviens avoir crié dans la cour « qu’est-ce qui m’arrive !!!! »
Wallah ce que je raconte est vrai et je n’invente rien.
Le soir même le docteur m’a mis sous antidépresseurs, car c’étaient des crises d’angoisse d’après lui, car mon cerveau est resté traumatisé en raison des effets du « bad trip ».
À partir de ce jour, ma vie a été un enfer et ce durant trois mois.
J’ai vécu trois mois avec des crises d’angoisse à répétition, Je ne pouvais plus vivre normalement, ça pouvait me prendre à n’importe quel moment, et à chaque crise de panique j’avais l’impression que j’allais mourir.
S’en est suivie une dépression. Alors là j’étais au fond du gouffre, Sheitane m’avait dans sa poche, Je n’arrêtais pas de me dire « Mais à quoi sert ma vie ? » ; « Ça ne vaut pas la peine de vivre ». J’ai passé des jours horribles, jusqu’à un certain moment où je pensais vraiment ne plus m’en sortir et que j’allais finir mes jours en hôpital psychiatrique.
Arrivé un jour  c’en était trop, j’étais sur le point de me suicider et pourtant je ne voulais pas !!! J’étais seule dans l’appart de ma soeur, elle avait un balcon, et il y avait une voix qui me disait « Allez, jette-toi ! » et le pire c’est que j’avais peur de le faire sans me contrôler. SoubhanAllah c’est la pire des choses qui puisse être de ne pas être bien dans sa tête.
Je faisais beaucoup de rêves, et notamment je rêvais que quelqu’un me parlait et me disait « Mais c’est le judaïsme la vraie religion » et je me suis mise à douter de l’islam, pourtant au fond de moi j’étais musulmane et je le savais.

Traitement salvateur : l’islam

Ce que j’ai donc fait, à chaque fois que je sentais une crise de panique, j’écoutais du Coran ou un dars sur internet, cela m’apaisait, et dans les dourous que j’écoutais les thèmes étaient l’importance du voile, les conditions de la femme musulmane, etc.
Alors un matin, je me suis levée et j’ai décidé de faire la guerre contre moi-même!
Je me suis munie de l’islam, et cela a été radical !!!!

Autrefois, ma pratique de la religion s’arrêtait au simple fait de faire la prière, sans me rendre compte des répercussions de mon comportement extérieur paradoxal avec la religion, et quand j’ai décidé de me relever de cette « maladie » j’ai discuté avec la femme d’un imam qui m’a expliqué que tout venait du Sheitane et qu’il ne fallait pas lui ouvrir les portes pour m’atteindre. Quand je lui ai demandé comment faire pour m’éloigner de Sheitane elle ma dit qu’il fallait toujours avoir ses ablutions, lire le coran, éviter de s’approcher des péchés, etc.
C’est pour cela que dans un premier temps j’ai jeûné durant deux semaines consécutives, je me suis levée pour le fajr, pour être protégée par les anges toute la journée, et ensuite, pour commettre le moins de péchés possibles,  j’ai décidé de porter le voile et de changer mes fréquentations.
Au bout de deux semaines d’application de ces règles, finies les crises d’angoisse, les paroles de Sheitane, les dépressions, etc. SoubhanAllah je me suis sentie renaître de mes cendres, car cette épreuve m’avait complètement détruite de l’intérieur. Depuis ma vie a complètement changé, je REVIS HAMDOULAH.

Ma vie aujourd’hui

Cette année j’ai pu faire la Omra avec mon papa, j’ai vécu des moments merveilleux, et quand je regarde ce qu’aurait pu être ma vie si je n’avais pas changé et que je ne m’étais pas sincèrement repentie je me dis que j’aurais vraiment pu mal finir…

En conclusion, j’ai commis un péché en prenant de la drogue, mais aujourd’hui, c’est -à-dire trois ans après, si je suis arrivée là où j’en suis c’est grâce à mes erreurs, le tout est de prendre les bonnes décisions pour se réformer.
Aujourd’hui je ne suis plus la même qu’avant et avec du recul je me suis rendue compte que c’était un rappel et un avertissement d’Allah, el hamdoulillah.
J’ai l’impression qu’à travers cette épreuve je me suis transformée, telle une chenille qui sort de sa chrysalide pour enfin voler de ses ailes, j’en suis ressortie avec une foi beaucoup plus renforcée, une expérience de vie, car je ne savais pas que de tels états mentaux pouvaient exister, et je remercie Allah de m’avoir guidée, c’est une chance que je sais que beaucoup n’ont pas.