Carnet de voyage #4 – Büyükada, Turquie

Par Pauline de www.landscapture.com

Je vous propose aujourd’hui une escapade d’une journée dans un lieu caché, hors des sentiers battus, loin des touristes short-baskets-banane ! Au lendemain du 31 Décembre, Istanbul se réveille à peine, une fine brume recouvre le Bosphore, c’est le début d’une merveilleuse journée. A Kabatas, petit port au Nord de la ville, je me retrouve parmi les lèves-tôt stambouliotes, qui embarquent également sur l’un des ferries en direction des Adakars. Allez suivez-moi ! Je vous emmène loin de l’effervescence urbaine, à destination de l’archipel des Iles aux Princes, et plus précisément l’île de Büyükada.

 

Avant de quitter définitivement Istanbul et rejoindre la Mer de Marmara, le ferry longe les rives du quartier de Sulthanamet, une vue imprenable du Palais Topkapi s’offre alors. Les minutes passent mais je reste immobile devant ce paysage époustouflant et cette skyline émouvante composée de minarets, de coupoles et de collines. C’est en s’éloignant de la ville que l’on se rend compte de sa grandeur et de sa magnificence.

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Enfin bref, Istanbul fera l’objet de futurs articles inshAllah… Revenons donc au sujet ! 

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Après une grosse heure de navigation, nous approchons de Büyükada (Grande Ile en turc), de hautes collines se dessinent au loin, sur le flanc desquelles de somptueuses demeures aux façades blanches se détachent. Une fois le pied posé à Büyükada, j’ai l’intime conviction d’avoir effectué un voyage dans le temps. Une ambiance feutrée accueille les visiteurs. Il est 10h00 et la grande place qui fait face au débarcadère est déserte, seules quelques mouettes viennent perturber ce silence étrange. Après quelques minutes d’adaptation, me voici en selle sur un vélo usé, rouillé mais très utile ! Ici les véhicules motorisés sont interdits. Les quelques milliers d’insulaires se déplacent donc en carriole, en calèche, en vélo ou à pied.

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Il faut quitter la ville principale et prendre la direction du nord. On traverse alors le quartier résidentiel de l’île où l’on peut admirer de plus près les bâtisses de style victorien. Toutes, sans exception, sont closes ce qui, associé aux rues toujours désertes et au vent cinglant, donne des allures de village fantôme ! J’apprendrais plus tard que l’île est l’un des lieux de villégiatures privilégiés des nantis stambouliotes, qui y passent leurs mois d’été.

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Ma route se poursuit jusqu’au monastère grec d’Agios Nikolaos qui se trouve au centre de l’île, entre deux collines. Il est actuellement fermé au public du fait de son état très dégradé. On raconte qu’au sommet de la colline, les arbres sont coiffés de vêtements, que des mères auraient attaché ici en guise de prière pour des enfants.

Toujours aucune trace de vie à la ronde. Le paysage défile et on découvre un littoral escarpé, une mer agitée, quelques maisons accrochées aux falaises… A l’extrémité nord de l’île se trouve un lieu surprenant, pour lequel je n’ai trouvé aucune explication sur la toile, ni dans les guides. Prenez les prochaines informations avec pincettes, car ceci est une déduction : il semblerait qu’il s’agisse d’un « Wall of Fame » des soldats turcs morts au combat, ou plus précisément morts dans des attaques terroristes.

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Le tour de ville s’achève lorsque l’on entre de nouveau dans la ville principale.

Après être restée pantoise une bonne dizaine de minutes devant un temple maçonnique, je me retrouve dans un quartier bien différent de ce que j’ai vu jusqu’à présent : maisons traditionnelles, murs délabrés, des passants étonnés que des touristes puissent s’aventurer de ce côté de l’île… le silence reste la clé.

D’ailleurs, sur cette île, on murmure, on chuchote… on se sent apaisés et sereins ! Etouffés dans nos vies « occidentalement stressantes », une parenthèse au royaume du silence est une véritable bénédiction Al HamdouliLlah. Je réalise que nous avons pris l’habitude de parler trop fort et le plus souvent pour ne rien dire ! Nous en avons oublié la pudeur et la retenue.

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Alors que je reprends ma route vers l’avenue principale, le soleil semble vouloir percer. Je croise alors de nombreux visages, calmes et détendus. Un couple de jeune roucoule sur le ponton, un vieillard passe le temps face à la mer, deux femmes papotent sur un banc…

 

A quelques mètres de la rue principale, l’adhan retentit. S’en suit alors l’inévitable course contre la montre, à la recherche de la mosquée la plus  proche… En voici une, étriquée entre deux maisons ! Sa façade en faïence bleue n’est pas sans me rappeler la Mosquée de Mutrah.

A peine le temps de faire le plein de pâtisseries archi-sucrées, qu’il faut déjà embarquer sur le ferry. Cette journée hors du temps s’achève, l’intrigue reste intacte…

Cette île m’a touché par son atmosphère particulière, sa simplicité et son naturel. Une bouffée d’air frais loin du bruit et de la foule d’Istanbul. Si vous avez le temps, je vous conseille vivement d’y faire un saut, elle permet de parfaire l’image de la Turquie occidentale.

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