Apprentissage du goût : amener bébé à manger de tout

Par Safia Bara, diététicienne

Dès la naissance, bébé a déjà ses préférences : le sucré et le gras… Ces préférences sont certes innées, mais l’alimentation maternelle et l’éducation sensorielle peuvent changer la donne et amener bébé à manger de tout.

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Le goût se développe très tôt

Pendant la grossesse déjà, bébé développe son goût et son odorat, en consommant le liquide amniotique imprégné des saveurs des aliments consommés par sa mère. Et ces saveurs découvertes dans sa vie in utero, bébé va les préférer après la naissance. Il en est de même pendant l’allaitement, le goût du lait de la maman diffère en fonction de son alimentation. A la diversification, bébé reconnaîtra les saveurs qui lui étaient familières in utero et pendant l’allaitement. Ces premières expériences influenceront ses choix alimentaires plus grand.

L’évolution du goût

Dès la naissance, bébé a une préférence pour le sucré et le gras. Tout simplement parce que ces goûts sont associés à des aliments nourrissants, dont il a besoin pour sa croissance. De même, il rejette naturellement les légumes, associés à une faible densité énergétique. Bébé a également une aversion innée pour le goût amer et les aliments à forte odeur. Mécanisme d’auto-défense naturel contre les substances potentiellement dangereuses.

Vers 2 ans, l’enfant va développer une peur des aliments nouveaux : la néophobie alimentaire. Pour bébé, tout nouvel aliment est un danger potentiel. Cette phobie est, là encore, le plus souvent associée aux légumes ou aliments à goût fort (fromage, ail, poivre…).

Pas d’inquiétude, c’est une phase normale de son développement, et cette peur s’estompe avec le temps et peut être atténuée par l’apprentissage.

Education sensorielle : inviter à goûter

Il s’agit de familiariser le bébé ou l’enfant à de nouvelles saveurs afin de les accepter et de diminuer ses aversions. Voici quelques pistes :

–          Commencer par des aliments dont l’aversion est peu prononcée

–          Ne pas s’arrêter au premier refus : on commence à voir les effets positifs à partir de 5 consommations

–          Multiplier les présentations de l’aliment. L’effet « béchamel » : un légume « camouflé » dans un gratin sera mieux accepté que cuit à la vapeur.

–          Présenter le nouvel aliment dans un contexte chaleureux, sans pression.

–          Associer l’enfant à la préparation de l’aliment : cueillette des légumes, lavage, découpe…

De plus, un aliment nouveau sera mieux accepté s’il est goûté avant par un adulte (en particulier la maman) et s’il est consommé par d’autres enfants (influence de ses pairs) : cela rassure l’enfant.

Par contre, le chantage et la pression lors des repas ne feront qu’accroître ces phobies.

Sommes-nous tous égaux face aux goûts ?

Bien que nous soyons tous faits de la même manière, nos capacités individuelles sont différentes. Comme certains ont une vue perçante ou au contraire ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, certaines personnes possèdent plus de récepteurs gustatifs et olfactifs, et sont donc plus sensibles aux goûts et saveurs. Il faut donc tenir compte de la sensibilité gustative de chaque enfant durant l’apprentissage du goût.

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