L’allaitement en Suède : du choix à l’obligation ?

Si l’on est pleinement conscientes des bienfaits de l’allaitement, le Coran le conseille d’ailleurs fortement, la société ne va-t-elle pas trop loin en faisant de l’interventionnisme législatif jusque dans des choix aussi intimes et personnels que l’allaitement ?

Une loi est en effet en discussion en Suède : « Si cette loi passait, les fabricants de lait en poudre n’auraient notamment pas non plus le droit d’utiliser des photos de bébés sur les emballages, afin de ne pas idéaliser le produit, ils devraient au contraire représenter sur les paquets le processus de préparation du lait; ils n’auraient plus le droit de suggérer que le lait artificiel est une bonne alternative à l’allaitement, l’offre d’échantillons gratuits serait également interdit et les publicités pour de tels produits ne pourraient par ailleurs être diffusés que dans les revues scientifiques et les publications dédiées au soin de l’enfant. »[1]

S’il était regrettable de dévaloriser l’allaitement maternel à  partir des années 70, arguant que c’était une pratique bestiale qui entravait les libertés de la mère et la renvoyait uniquement à son rôle nourricier (ou autres aberrations que l’on pouvait entendre sur le sujet), ces 10 dernières années ont vu un retournement complet dans le discours public avec une prise de conscience de l’intérêt sanitaire du lait maternel. D’un côté, il est louable de mettre en avant les réalités positives de l’allaitement (santé, économie, écologie, psychologique), mais cela n’est-il pas le rôle des organismes de santé comme l’OMS, qui s’en fait finalement régulièrement le relais ?

En effet, n’est-il pas dérangeant que les politiques prennent des mesures de cette nature ? Va pour un encadrement du message véhiculé par les marques de lait infantile avec la notification que rien ne peut se substituer au lait maternel, mais interdire les échantillons gratuits ou encore reléguer la parution des publicités dans les revues spécialisées, n’est-ce pas surtout pointer du doigt une partie des mamans qui ne souhaitent/ne peuvent pas allaiter ?

Car si l’allaitement peut être un merveilleux partage avec son enfant, ce n’est pas toujours un parcours sans embûche  Montées de lait douloureuses, crevasses, téton ombiliqué, abcès, stress de ne pas évaluer si l’enfant est repu, etc. peuvent constituer des freins ou un abandon précoce de l’allaitement. Alors plutôt que de culpabiliser les mamans en faisant des lois d’interdiction, pourquoi ne pas plutôt valoriser l’allaitement en faisant des lois de facilitation (notamment pour les mères travaillant). Et puis, ne vaut-il pas mieux donner un biberon avec amour que le sein à contrecœur ?

 Suivons tout simplement les Paroles les plus sages qui émanent de notre Livre : « Et les mères qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l’enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n’a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père à cause de son enfant. Même obligation pour l’héritier. Et si après s’être consulté tous deux tombent d’accord pour décider le sevrage, nul grief à leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l’usage. Et craignez Allah, et sachez qu’Allah observe ce que vous faites. » [Sourate Al-Baqarah, verset 233]

Et vous, quel est votre sentiment face à cette actualité ?



[1] http://www.slate.fr/lien/64771/suedois-interdire-bebes-pubs-de-lait-en-poudre