Lettre ouverte d’un père à sa fille

Article inspiré d’une histoire vraie, rédigé et annoté par Warda Kennouche…

oin, sont les souvenirs de toi petite, lorsque ton innocence me caressait le cœur et ta douceur m’attendrissait l’âme.

 oin est l’époque où ton regard fragile et incertain cachait timidement des bonheurs simples et sains.

oin, sont la pureté et l’imprévoyance suspendues à cette frêle candeur infantile de ton âge.

Et pourtant, tes éclats de rire et ton sourire d’enfant résonnent encore en moi comme une douce insouciance apaisante.

Oh binti, saches que tu as rempli mon existence de tendresse et de sérénité et je remercie chaque jour Allah de t’avoir confiée à moi. Tu es pour moi, ce que Fatima Az-Zahra était pour notre bienfaisant Prophète salaLlahou ‘alayhi wa salam. Tu es mon enjouement, tu fais partie de moi, tu es ma vie, tu es ma foi. Ton altruisme, ton enthousiasme et ta spontanéité font de moi un père digne et heureux.

Constamment partagé entre un sentiment de paix et l’inquiétude d’un père, tu as pourtant été pour moi l’une des plus généreuses sources d’amour et l’une des plus grandes joies sur cette Terre.

Les années ont passé par la grâce d’Allah, je t’ai vu grandir dans le bien et le haqq.Ton éducation, tu l’as puisée de notre Créateur le Très Haut, indéniablement Il t’a élevée, incontestablement Il t’a préservée. Aujourd’hui je récolte les fruits de Sa Bienveillance et de Sa Générosité à mon égard. A travers ta personne, je ressens Sa Miséricorde et Sa Magnanimité.Ton visage reflète Sa Munificence. Puisse-t-Il t’accueillir dans les plus hauts degrés de Son Essence.

Reste ferme dans ta croyance et dans  ta soumission parce que ma fille je jure par Allah, qu’Il t’aime bien plus que je t’aime.

Soit consciente que la vie d’ici-bas n’est qu’éphémère. Soit patiente, reconnaissante et accomplis à la lettre ce qu’Allah nous as transmis. Tu es ma plus grande réussite, ma plus grande fierté, soit en sûre, une fois l’Heure j’en serais ému.

Je t’en prie ma fille, ne cesse les invocations en ma faveur une fois ma fin venue.

Je n’ai pas la ferveur de Al-Hussein ibn ‘Ali (1) ni la bonté et la générosité de Talhah ibn ‘UbaydiAllah (2) ou  de Mu’âdh ibn Jabâl, encore moins le dévouement de Az-zubayr ibn Al-‘Awâm (3), ni l’amour de Sâlim (radhiaAllahu ‘anhoum). Mais je t’ai toi, une croyante pure et sincère, qui, par la permission d’Allah, allègera les châtiments de son père.

Le cancer m’a atteint, Allah m’a prévenu que bientôt sera ma fin. Soit donc forte et ne désespère jamais de l’immense grâce d’Allah.

Bien que les inquiétudes me travaillent, je suis confiant quant à ton devenir, ne perd pas ton temps dans le futile et l’inutile, avance, construit et éduque ta foi. Afin d’atteindre bidhniLlah le Savoir d’AbdAllah ibn Mass’ud, la science et le degré de Ubay ibn Ka’b (4), le courage de Hamzah ibn ‘Abdlmutalib, la grandeur d’ ‘Othmân ibn ‘Afân, la bienveillance et la justice de ‘Omar ibn Al-Khatâb (5), la modestie d’Abu Bakr le véridique (6) et la sagesse, la force, la lucidité de ‘Ali ibn Abû Talib (7) radhiaAllahu ‘anhoum.

Ce dernier disait d’ailleurs: « Le bien ne consiste pas à avoir beaucoup d’argent et beaucoup d’enfants, mais le bien consiste à ce que ta science et ton indulgence croissent. La vie terrestre n’est un bien qu’uniquement pour deux personnes, pour celle qui a commis un péché et qui se corrige en se repentant, ou celle qui s’empresse à accomplir de bons actes. Un acte accompagné de crainte ne peut être amoindri, alors comment peut être amoindri un acte qui est accepté? Certes, la vie terrestre s’en va, et la vie de l’au-delà se rapproche, et chacune d’elles a des enfants, alors soyez les enfants de l’au-delà et ne soyez pas les enfants de la vie terrestre, car aujourd’hui, c’est un jour d’actes sans jugement, et demain, ce sera un jour de jugement sans actes »

Alors sois la fille de l’au-delà, comme tu as été la meilleure des filles pour moi ici-bas…

1. Il est relaté dans l’Histoire des compagnons et des pieux prédécesseurs qu’ Al Hussein ibn ‘Ali accompli 25 fois le pèlerinage à pied.

2. Le Messager d’Allah salaLlahou ‘alayhi wa salam  appela Talhah ibn ‘UbaydiAllah « Talhah le Bon », le jour de la bataille de Dhatu Al-‘Achirah et il l’appela Talhah l’homme d’une générosité sans bornes  le jour de la bataille de Hunayne.

3. Il a été rapporté dans les deux authentiques que Jabir a dit : « Le jour de la bataille d’Al-khandaq, le Prophète stimula les gens au combat. Az-Zubayr répondit à l’appel, le Prophète répondit alors « Chaque Prophète a un apôtre et le mien c’est Az-Zubayr » » Rapporté par Al Bukhâri  (4113)

4. D’après Anas, le Messager d’Allah salaLlahou ‘alayhi wa salam  a dit à Ubay ibn Ka’b : « Allah m’a ordonné de te lire « Les infidèles parmi les gens du Livre… ne cesseront pas » [Coran 98,1] ». Ubay dit alors : « Il m’a nommé auprès de toi ? », Il dit: « OUI » Ubayr se mit alors à pleurer. Hadith rapporté par Al-Bukhâri et Muslim.

5. Le prophète salaLlahou ‘alayhi wa salam  l’appelais  Al-Fâruk : celui qui distingue le Bien du Mal. Il dit également : « S’il devait y avoir un prophète après moi, cela aurait été ‘Omar ibn Al-Khatâb ». Rapporté par Ahmed, At-Tirmidy, Al-Hâkam, At-Tabarâni .

6. De par sa modestie, Abu Bakr disait : « J’aurai aimé être un cheveu du corps d‘un croyant ». Il disait  également « Comme j’aurai aimé être un arbre qui se fait ébrancher puis manger ».

7. Mu’âwiyah dit à Darâr : « Décris-moi ‘Alî ! » ; celui-ci lui rétorqua : « Epargne moi cela ! » ; Mu’âwiyah lui dit alors : « Non , je ne t’épargnerai pas ! » ; il dit alors : « Eh bien si je suis obligé, par Allah ! Il était lucide, il était fort , il avait le dernier mot, il jugeait avec justice, la science débordait de tous ses côtés, la sagesse venait de son côté, il avait de la répulsion pour la vie terrestre et ses beautés, et il était à l’aise dans la nuit et son obscurité. Par Allah ! Il pleurait beaucoup, il méditait beaucoup, il faisait beaucoup d’invocations, il se faisait des sermons à lui-même. Il aimait les vêtements rêches, les aliments aigres et il respectait les gens de religion. Le fort n’avait pas espoir d’obtenir de lui une injustice, et le faible ne désespérait pas d’obtenir sa justice. […] » et les larmes de Mu’âwîyah se mirent à couler sur sa barbe et il dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Abu Al-Hassan ! Par Allah ! Il était ainsi ! ». Retranscrit dans l’Histoire des compagnons et des pieux prédécesseurs.