L’Islam m’a sauvée mais je n’y arrive plus

Salam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatouh mes chères sœurs.

Après avoir lu l’article « Où est ma foi« , j’ai eu envie d’écrire également. J’espère que mon témoignage ne va pas vous ennuyer ou paraître trop redondant à vos yeux (lol).

J’en ai beaucoup sur le cœur et à part au Très-Haut, je n’ai personne à qui raconter tout cela, et j’aimerais si Allah le permet, que ça aide notre communauté à prendre conscience.

perdue-islam-convertie

Je suis âgée de 25 ans, al-hamdoulillah, convertie depuis mon adolescence. Venant d’un patelin perdu et étant de nature réservée, mon chemin vers l’Islam, je l’ai fait un peu (trop) seule dans mon coin. Grâce à internet, j’ai pu depuis le début me procurer des livres et vêtements, sans jamais avoir à affronter le regard des autres dans les « quartiers arabes » de la ville, par peur du rejet. Les rares fois où j’ai tenté de me « rapprocher » de la communauté je n’ai pas été très bien accueillie car n’étant pas voilée à ce moment et asiatique d’origine, je n’étais pas « visiblement » musulmane. Après avoir entendu plusieurs remarques, je n’ai plus jamais osé aller dans les librairies ou boutiques musulmanes.

J’ai fini par me braquer après de nombreuses épreuves dans mon « monde musulman » et mon « monde non-musulman » dont je vous passe les détails mais je vais quand même vous en expliciter 2/3 rapidement. Par exemple ma famille qui ne m’a pas adressé la parole pendant plusieurs mois ou encore un frère est venu demander ma main mais lorsque sa famille a su que j’étais asiatique, ils ont refusé qu’il se marie avec moi. Ou bien encore quand mon ancien patron islamophobe a su que j’étais musulmane (après 1 an et demi passé dans sa société tout de même !) il a tout simplement arrêté de me parler correctement et a tout fait pour que je quitte mon poste. Je me suis donc braquée tant socialement que religieusement et aujourd’hui j’ai peur de sortir de l’Islam.

Il y a quelques temps j’allais tellement mal, le diagnostic a été clair : dépression. Ma famille a même voulu me faire interner tellement j’étais devenue une épave. Plus jeune j’ai commis des erreurs, des erreurs que malgré ma conversion et mes nombreuses demandes de pardon à Allah, je n’arrive toujours pas à oublier au point que cela m’empêche parfois de dormir. Aussi, lorsque je cherche du réconfort et que je regarde autour de moi et n’y voit personne… Cela me décourage. Je suis découragée car lorsque je pleurais et que j’appelais une amie musulmane, elle me disait qu’elle allait me rappeler et a finalement complètement oublié de le faire. Au quotidien, aucune de mes amies musulmanes ne prend de mes nouvelles, c’est toujours moi qui vais vers elles. Lors des Aid, elles m’envoient des rappels sur le fait de donner aux plus pauvres, je n’ai jamais pu leur avouer que je faisais partie des pauvres. Je ne leur confie pas mon mal-être car je n’ai pas envie de faire fuir et surtout je n’aime pas me plaindre car je pense que ce que je subis, je le mérite.

J’ai de plus en plus de mal à prier, faire du dhikr et même en étant consciente que mon cœur meurt à petit feu, je ne trouve plus la force de me battre. Ma famille, avec qui je suis très proche, voit que je porte moins d’intérêt à ma pratique de l’Islam et me détourne de ma religion inconsciemment. J’ai commencé à porter le voile à l’hiver 2015, pour finalement l’enlever aujourd’hui.

Je ne porte la faute sur personne si ce n’est moi-même. Mais je n’arrête pas de m’empêcher de penser que « si mes sœurs de religion étaient plus présentes… » que si « la communauté était moins nationaliste… » que si « les bras étaient plus ouverts que ne sont les bouches… » …

Je sais que chacune a ses affaires, ses occupations, sa famille et que personne ne peut me tenir la main en me rappelant d’aller prier… Mais en cette fin de Ramadan, égoïstement, je voulais vous écrire pour vous demander des dou’as. L’Islam m’a sauvée et je souffre de m’en éloigner, mais je n’y arrive plus.

Et je voulais aussi, à ma manière, demander aux sœurs qui al-hamdoulillah se portent bien dans cette vie, de ne pas oublier les sœurs seules isolées et si vous avez dans votre entourage une sœur convertie, essayez d’être présentes, ça sera le plus beau présent que vous pourriez lui faire.

Merci de m’avoir lue…

As Salam aleykoum.

Une fidèle lectrice <3