Quand le « New-York Times » donne la parole aux femmes musulmanes

Suite aux différentes polémiques autour du burqini ayant émaillé cet été, l’opinion internationale a découvert avec stupéfaction – et en usant souvent d’ironie – la condition des femmes musulmanes en France, et en particulier le traitement de plus en plus discriminatoire à l’encontre de celles portant le voile. Le New-York Times en a fait un article édifiant grâce à la récolte de plus de 1000 témoignages !

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Une fois n’est pas coutume, le célèbre journal américain a offert un droit de parole aux musulmanes, parole dont elles sont souvent dépossédées au nom d’un prétendu humanisme libérateur qui fleure surtout un relent de nostalgie coloniale et une islamophobie ambiante.

Les femmes musulmanes d’Europe ont ainsi eu l’occasion de donner leur opinion sur les derniers évènements, de partager leur expérience et de poser un regard critique sur ces sociétés dans lesquelles elles sont nées mais les renient et leur dénient de plus en plus le droit à s’affirmer à travers leur identité religieuse.

Les regards méprisants, les insultes, l’injonction répétée à « rentrer chez elles » à ces femmes pourtant bel et bien nourries au sein européen : bref, une violence subie quasi quotidienne et de moins en moins tenable. On perçoit clairement un réel ras-le-bol et une lassitude de devoir se justifier d’actes de folie individuels sur lesquels médias et politiques laissent planer une suspicion de responsabilité collective. On n’est alors plus Leïla, Nadia ou Charlotte : on représente « LA » musulmane, comme une entité globale et homogène.

Charlotte Monnier, 23 ans, Toulouse. Étudiante en architecture.

« On m’insulte, me crache dessus (littéralement) tous les jours dans le métro, le bus, mon école. Pourtant, je n’ai jamais insulté, frappé quelqu’un. Non, je suis juste musulmane. Je pense sérieusement partir vivre ailleurs, où le regard des autres ne me fera plus pleurer chaque soir dans mon lit. … J’ai peur un jour de porter une lune jaune sur mes habits, comme l’étoile de David pour les Juifs il n’y a pas si longtemps. Merci à vous de nous écouter et nous donner la parole. »


On lit de plus en plus l’envie de partir, de quitter ces patries qui nous nient, de s’affranchir de toutes ces barrières qui ont été bâties insidieusement et nous empêchent de vivre sereinement, comme n’importe quel citoyen.

Si je ne peux plus aller à l’école, travailler, aller à la plage, me promener en sécurité, et avoir la liberté d’être qui je veux… Je te quitterai avec le goût amer d’un pays qui m’a vu grandir mais ne voulait me garder qu’au prix de l’asservissement de mes pensées.

Voici le lien de l’article en français et en anglais.

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