Au secours, j’ai peur d’accoucher !

Article écrit par Hayate Haïfi

Avoir un bébé est un vrai don d’ALLAH pourtant c’est si facile pour Lui, « Son commandement consiste à dire « Sois » et c’est » (Ya-Sin, verset 82). Et en plus, c’est une aventure tout à la fois magnifique et  complètement miraculeuse. Un corps qui se métamorphose, un ventre qui s’arrondit, une humeur qui crépite le feu au grand bonheur des papas, tout cela pour qu’un petit être puisse grandir en nous. Et puis avec, la tonne de question qui nous  vient, est-ce que sera un garçon ? Une fille ? Aura-t-il mes yeux, mon teint, ma bouche, mes mimiques ? Comment l’éduquer ? Vais-je m’en sortir ? Serai-je une bonne « maman » ? Tant d’interrogations qui nous  turlupinent, mais il y a celle, plus urgente, que nous nous posons toutes, tôt ou tard, comment va-t-il sortir ? Oui, oui car il va bien devoir sortir, c’est le but n’est-ce-pas ?! Aussi fou que cela puisse être un bon gros bébé de plus de 3kg (et encore ! au bas mot) va devoir se faufiler  pour jaillir de vous, « vers la Lumière » car après réflexion, on n’a jamais vu un enfant camper dans la bedaine de sa maman plus de 9 mois!!

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Et si pour beaucoup l’accouchement rime avec bonheur et plénitude, pour d’autres (et  j’en faisais partie) il est appréhendé avec terreur. Cette étape paraît effrayante, ou devrais-je dire  cauchemardesque… Bienheureusement la récompense qu’on escompte nous fait ravaler dignement l’amertume de cette « galère »…

C’est le cas d’Imaine 22 ans, célibataire sans enfant : « à la base,  je n’avais pas peur de l’accouchement. C’est en regardant une émission intitulée « Baby boom » que j’ai pris conscience de ce qu’était réellement un accouchement, les cris, la douleur et les divers problèmes liés à la naissance d’un enfant. J’ai en plus de cela  peur des aiguilles, donc  je me dis que je ne ferai pas de péridurale quitte à faire une anesthésie générale !! J’ai trop peur d’avoir mal et des conséquences de cette péridurale. On m’a dit qu’il existe des risques de paralysie si elle était mal faite donc je ne pense pas que je la ferai. Je sais que je souffrirai et que je pleurerai comme une folle, j’ai déjà trop mal lorsque j’ai mes menstrues et je sais que les douleurs de contractions le sont 1000 fois plus mais cela ne m’empêchera pas d’avoir des enfants inchaALLAH. »

Pour d’autres, on peut dire que la peur de l’accouchement  est le résultat d’une expérience légèrement traumatisante.

C’est  ce que nous raconte Samira* : «  ma peur remonte au jour où ma grande sœur a accouché de son premier enfant. Une amie et moi attendions avec impatience la naissance de ce petit bout en salle d’attente. Ma mère avait accompagné ma sœur en salle de travail. Elle revenait nous voir au début pour nous dire comment le travail avançait. Puis j’ai eu envie d’aller voir ma sœur, quelle erreur !! Ma sœur avait sagement décidé de ne pas faire de péridurale, (c’est ironique bien sûr) !! Je me souviens être rentrée dans la chambre,  elle était dans les vapes car les infirmières lui avaient administrée un calmant pour soulager la douleur. Je suis vite sortie, effrayée par ce que je venais de voir. Quelques minutes plus tard, j’entendais des cris de douleur surgir des chambres, j’ai reconnu la voix de ma sœur criant « maman, ça fait mal ». J’étais tétanisée sur ma chaise je me disais «  Oh mon Dieu, on est en train d’égorger ma sœur ». Ma copine et moi avions décidé de nous mettre derrière la porte dans ce que l’on appelle « le couloir de père ». Je me souviens d’un futur papa devant la porte de sa femme, accroupi, la tête dans les mains ne supportant plus les cris de sa femme.  Quelques heures plus tard, mon magnifique neveu était né, Hamdoulilah ! Après cette journée riche en frayeur et en émotion, je m’étais juré de ne jamais avoir d’enfant, trop de souffrances pour moi!!!!  J’en faisais des cauchemars, me retrouvant enceinte en rêve et me disant mais comment ce bébé va sortir, comment ?!!Mais comme toutes femmes, un beau jour, l’envie d’être mère prend le dessus, alors quelques années  et un mari plus tard, j’ai moi aussi eu envie de pouponner  malgré mon traumatisme ô combien terrifiant ! Et oui, j’ai eu deux beaux enfants avec vous l’aurez deviné un bonne péridurale qui a magnifiquement bien fonctionné (hamdoulilah, j’avais harcelé tout les gens que je croisais pour me faire des du’as)!  Alors, au diable le désespoir et la peur de l’accouchement, être nous ce n’est pas si terrible que ça, et je parle en connaissance de cause !! »

*prénom modifié.