1 jour dans la vie d’un migrant

Rohingyas, Syrien, Ethiopien : #JeSuisUnMigrant. Ne les oublions pas. Lisons avec les yeux du cœur ces quelques mots afin de se mettre dans la peau d’un migrant. Comprendre sa vie pour faire barrière au manque d’humanité.

Rohingya, je le suis de naissance, par héritage et cela coule dans mes veines.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai grandi dans la peur, dans le manque, dans le noir.

Noir car sans espoir de voir mes rêves de citoyen libre, s’exaucer.

Ce jour-là, à peine levé, je savais que la journée serait un combat.

De notre abri de fortune, nous savions que nous devrions lutter pour notre vie.

Notre maison symbolise cet état de « nomade », nous n’étions pas faits pour rester. Nous étions condamnés à bouger, à fuir pour un exil forcé.

De notre petite maison, nous entendions, les femmes crier et les enfants pleurer. Ces âmes innocentes, prises dans ce cauchemar créé par des adultes si méchants.

Une seule solution, prendre le peu qu’il nous reste et tenter de passer le fleuve pour nous réfugier au Bangladesh.

Birmanie, terre de mes ancêtres, terre que je dois quitter pour devenir un étranger…

Syrienne, je suis cette petite fille de 5 ans qui n’a vu que la guerre et les ruines.

Je n’ai pas connu une enfance douce et sucrée. Je voulais juste serrer la main de ma maman le plus longtemps possible. Je voulais rester dans cette cachette et pouvoir revoir mon papa, celui qui me répète tout le temps que tout ira bien. J’aimerais un jour revenir à Alep…  

Pour l’instant, je suis dans cette tente en Turquie avec ma famille. Je n’ai pas envie d’oublier alors je dessine mon ancienne maison, je garde tout cela en dessous de ce coussin que maman a gardé, spécialement pour moi. Il n’a plus l’odeur de la maison mais je savoure ce bonheur, celui d’être avec mes proches, avec Alep dans mon cœur ….

Ethiopien, j’avais l’espoir de passer de l’autre côté de la rive.  Je n’ai pas ce fantasme de l’Europe vu comme un eldorado, je voulais juste me sauver, me donner la possibilité de vivre dans un endroit où l’horreur n’a pas sa place. J’ai réussi à aller en Lybie et j’y ai vu des choses effroyables…. En mer, j’ai dû garder le moral, m’accrocher à mon objectif alors que ce bateau si fragile, se moquait de la plupart des gens : les garder en vie…

 

Vous savez, quand vous êtes « migrant », « réfugié » ou « déplacé », vous avez juste la peur au ventre avec ce sentiment étrange qui vous fait avait avancer : l’espoir ! Ce qui fait mal dans notre parcours, c’est quand l’homme vous regarde de haut.

Oui, ne pensez pas que vous avez tout acquis et que nous n’avons rien.  Il nous reste notre dignité que l’on veut nous voler.

Nous sommes comme vous mais avec des épreuves en plus. Nous sommes humains et nous ne demandons qu’à pouvoir nous reconstruire.

La Terre est grande. Pourquoi tergiverser ?

Oui autant de noms, de parcours, de destins brisés qui ne demandent qu’à être soutenus. Il ne tient qu’à nous de les aider. Dieu donne et retire à qui il veut mais il demeure certain, que rien ne dure. Alors soyons-là pour ces personnes merveilleuses dont la vie a été ternie. Ne jugeons pas, n’ayons pas peur de faire un pas vers eux….

Tu es réfugié et moi je suis ton allié…..

 

Par Nûr Al-Qalam N.K

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